Edition janvier 2021 - n°75                                                                                                                         Prochaine édition début février 2021

2021. Souhaitons nous...

Au sortir d'une année éprouvante, et au moment où un couvre-feu est instauré en Saône-et-Loire dès 18h en raison de la poursuite de l'épidémie, c'est un exercice délicat de rédiger les vœux traditionnels qui ouvrent l'édition de janvier de ce site pour la sixième fois..

 

Au delà des souhaits individuels que nous adressons bien sûr à chacun d'entre vous, nous formons le vœu d'un succès collectif en 2021 : Réussir, malgré la présence du virus et les mesures sanitaires qui restreignent les possibilités, à maintenir du lien entre nous tous !

 

Et l'énergie de chacun ne sera pas de trop pour relever ce défi ! A titre individuel mais aussi commun, en s'appuyant sur les spécificités de chacune des associations du village dont le dynamisme est bien connu pour associer le maximum de Cullois et Culloises de tous âges.

L'année dernière nous avions crû malin de décliner l'année en 20 sur 20 pour la souhaiter "excellente"... L'élève n'a pas été à la hauteur des espérances !


Pour notre part, le chantier de la Maison des Initiatives avance.

La partie bureau et archives est quasiment terminée. C'est maintenant la pièce d'activité qui reste à rénover. Elle a été prévue pour être polyvalente et utilisée par tous ceux qui lui trouveront un usage. Nous avons des idées mais cela ne bloquera pas le calendrier... et toutes les propositions seront bienvenues. N'hésitez pas à nous faire part de vos idées !

 

Dans l'attente du plaisir de s'y retrouver, je vous adresse nos salutations amicales.

Bertrand Brocard et l'équipe de Culles-Initiatives

 

Nous n'avons pas encore renoncé à organiser une soirée "Contes et Soupes" en mars... ni, mais ce sera peut être plus facile, notre désormais traditionnelle "Balade au crépus-Culles" en février. Restez à l'écoute !

La rédaction et la mise en page du Bulletin n°74 est en cours. Parution prévue en février.


Au sommaire de cette édition :

  • La bonne adresse
  • moi@culles-les-roches.com
  • On recherche !
  • Festiculles ?
  • Société Saint-Vincent ?

 

  • Verger des enfants
  • Visite du Père Noël
  • Noëls bourguignons
  • Bibliothèque intercommunale
  • Quel est cet oiseau ?

  

  • Falleu ran pardre
  • Souvenirs
  • Bienvenue à Culles-les-Roches
  • C'était avant
  • Photos du mois


La bonne adresse

Il en était question depuis un certain temps mais ça y est... les adresses culloises vont désormais être complétées par un numéro.
Les noms de rue avaient fait leur apparition il y a déjà quelques années mais sans numéro. C'était quelquefois gênant pour remplir certains formulaires informatiques qui exigeaient ce renseignement. Il fallait alors inventer en essayant d'être logique.

Mais la méthodologie d'adressage n'est pas fantaisiste. Elle répond à des règles précises et les élus ont été mis à contribution pour cette opération qui permettra à terme de localiser précisément le domicile d'une personne, d'une entreprise et même d'un lieu d'activité !

Ainsi à Culles, la carrière d'escalade disposera d'une adresse précise permettant, par exemple, aux pompiers d'intervenir plus rapidement en cas d'accident. Pour cette raison, il a fallu d'ailleurs que la municipalité dénomme des voies de circulation qui n'avaient pas été baptisées comme la "Route de Saint-Gengoux" ou le "Chemin du tunnel".

Alors... quel numéro allez-vous recevoir ? Vous le saurez bientôt avec l'opération d'information que la municipalité va débuter prochainement.

La géolocalisation associée à cette numérotation permettra également de diminuer l'actuel ballet des camionnettes de livraison égarées à la recherche d'une adresse qui n’apparaît pas sur le GPS du chauffeur...


moi @ culles-les-roches.com

A propos d'adresse, nous disposons du domaine culles-les-roches.com et sommes facturés pour les dix adresses mail liées à ce domaine comme culles-initiatives@culles-les-roches.com ou trail@culles-les-roches.com. Il en reste de disponibles.

Si vous souhaitez votre adresse .......@culles-les-roches.com plutôt qu'en hotmail.fr ou autre wanadoo.com c'est tout à fait possible pour la participation annuelle très modique de 5 €. 

Il suffit de nous demander !!!

NB : Cela n'obligera pas à abandonner votre adresse actuelle grâce à un reroutage.


On recherche !

Nous vous avons déjà mis à contribution pour vous suggérer d'explorer vos greniers et placards à la recherche d'albums photos qui pourraient contenir des clichés intéressants sur la vie du village. Sans remonter nécessairement aux Calendes grecques...  Mêmes les témoignages sur la fin du siècle précédent sont intéressants. Merci à ceux qui nous en ont déjà fait parvenir. Bien entendu nous pouvons nous contenter de simplement scanner ces documents. Merci de nous contacter !

Vous souvenez-vous du Festiculles ?

Pendant que les souvenirs sont encore présents, nous souhaitons également garder une trace d'un événement original dans une petite commune comme la nôtre : le Festiculles.

Initié et organisé par une équipe de jeunes locaux dont la moyenne d’âge ne dépassait pas 18 ans à la création, ce festival de musiques "actuelles" a eu lieu pendant 10 ans au cuvage Perrin (aujourd'hui Laurent Bourtourault) et connut une notoriété nationale !

Pour compléter l'histoire de cette aventure singulière et compléter les souvenirs des organisateurs, nous recherchons des témoignages d'habitants du village pour faire part de leur perception de cet événement au fil des éditions. Que vous l'appréciiez ou pas, si cet événement ne vous laissait pas indifférent, appelez 06 14 26 86 56.



Société Saint-Vincent

Malgré les restrictions dues à la covid-19, nous avons pu maintenir l'édition 2020 de Destination Vacances mais réduisant le programme.

L'été prochain, du  21 au 25 juillet 2021, nous programmons une cinquième édition en poursuivant sur le thème du vin.

Parmi nos projets, nous reprenons l'idée d'une exposition sur la société Saint-Vincent. Cette société d'entraide vigneronne fut l'une des premières à être créée en France, en 1848.

Ici encore nous avons besoin de témoignages !

 

Merci à Marie-Louise Tupinier qui nous a envoyé cette photo des membres de la société prise lors de la Saint-Vincent 1981. Devant les paniers de "beurieuches" (brioches) qui seront distribuées dans le village :

1er rang : Jean Gressard, Xavier Derain, Noël Perrin, Symphorien Veaux

2ème rang : André Caillot, Marcel Bochot, Henri Griveaux, Albert Prudon

3ème rang : Henri Clément, René Derain, Louis Tupinier (derrière la bannière), Olivier Portrat et Maurice Veaux

Jean-Pierre Revel, le dernier président en date, ne figure pas sur la photo car, vraisemblablement, c'est lui qui prend la photo.


C'était en janvier...

L'annulation de la cérémonie du 11 novembre avait conduit à repousser l'animation prévue par "Culture et Traditions" et la plantation d'un troisième "arbre de la Paix" dans le "Verger des enfants" créé l'année dernière à l'initiative de la municipalité.

Finalement, c'est le 12 décembre que les enfants, avec l'aide et les explications pédagogiques de Philippe, l'agent communal, ont planté un pommier qui rejoint le cerisier et le mirabellier qui, depuis l'année dernière, se sont déjà développés.



Noëls bourguignons

On désigne sous le vocable de "noëls" des chants populaires qui retracent essentiellement la naissance de Jésus-Christ.

Ils ont connu leur apogée entre le XVIème et le XVIIIème siècle. En Bourgogne, les plus connus sont sans doute ceux écrit par Bernard de la Monnoye dit Guy Barôzai. Mais il y avait bien d'autres auteurs. (Voir le mémoire de Master de Lucie Jaquin sur ce sujet).

 

Ces "noëls" sont évoqués dans le livre d'André Lagrange datant de 1959 "Moi, je suis vigneron". Monique Desmartes a plusieurs fois publié sur ce site des citations de cet auteur à propos de la vigne et du vin. Elle le connait car l'une de ses amies d'enfance fait partie de la famille de cet auteur. Ce qu'elle ne savait pas c'est que celui-ci avait un autre rapport avec Culles...

En effet, cet ethnographe du monde rural avait été un professeur de Bernard Veaux quand il était lycéen à Chalon et il était venu collecter des témoignages et des chants (qui figurent dans le livre) auprès de ses grands parents. Après un épisode que nous raconte Bernard :

 

"C’est avec le noël (publié ci-dessous) qu'André Lagrange a trouvé le chemin de Culles pour interviewer ma grand-mère. Le professeur nous avait surpris dans une traduction de l’Anabase en grec, où on lisait que des soldats en déroute étaient tombés dans des tempêtes de neige… et étaient « brûlés » par la neige ! Devant notre étonnement général, il dit qu’on trouve cela en français, et par exemple dans un vieux noël qui parle justement de « griller de froid »… Et je dis « Mais oui, ma grand-mère le chante ! »

Dans la semaine il prenait rendez-vous !  C’est ainsi que ce noël a été sauvé. M. Lagrange avait même enregistré le chant… mais je n’arrive pas à retrouver de traces de la mélodie, à part quelques bribes… Dommage !

 

Venez, troupe champêtre

Voir cet enfant nouveau-né,

Couché dans une crèche

Couvert avec du foin.

Prenez votre chemin

Allez le reconnaître

Et laissez là la dera

La deritata

Laissez vos moutons là.

 

Mâ, Mossieu si nos bêtes

I restant pour les champs

Si quelqu’un ne les garde

Les loups les migeraint

Car y a tos les jos

Des bêtes sanguinaires

Qui guettent là, la dera

La deritata

Les moutons là.

 

N’ayez point peur bergers,

L’Ange les gardera :

Ni loups ni autres bêtes

Ne les toucheront pas.

Prenez votre chemin

Allez le reconnaître

Et laissez là, ladera

La deritata

Vos moutons là !

Dites-nous, Mossieu l’Ange

Quel chemin je prendrains

Car je sons si bêtes

Je nous égarerains.

Faut-i passer iavant

Le long de la revîre ?

Ou côtoyer là, la dera

La deritata

Tout le long du ruissia !

 

Traversez la montagne

Suivez le grand chemin

Entrez dedans la plaine

Tout le long du Jourdain.
Vous verrez un hameau

Tout couvert de lumière.

Entrez : c’est là, la dera

La deritata

Entrez et parlez bas.

 

Ah, j’aperçois la crèche

Iavan quoî i fait kiâr.

Ah Dieu quel bel enfant…

Mâs ô grille de froid !

Piarrot, prends ton bounot,

Boute-lî su la tête

Et le velà, la dera

La deritata

 A son aille il est là !

Baillez-nous des musettes

Je le divertirons,

Piarrot bat de la caisse

Jeannot joue du violon

En guise de respect

Pour votre divin Fils

Laissons-nous cacher là, la dera

La deritata

Un petit moment là !

 

Excusez-nous Marie

Si je sons si bêtes.

Nous offrons nos étrennes

 Prenez-les s’il vous plaît…

 

Les santons sont une autre tradition populaire autour de la nativité.

Elle n'est pas du tout bourguignonne
mais d'origine provençale.





Le coin du patois

Après la publication de "la cabre du père Godin", voici encore un texte adapté par Bernard Veaux en patois cullois d’après un texte tiré du « Tseu, patois du Charolais ». Cette fois-ci il est question de "ran pardre". Un sujet d'actualité à l'heure des ressourceries, de la promotion du "réparer", "partager", "recycler". Il faut reconnaître que c'est une aberration de devoir faire 40 km aller-retour pour aller acheter un sachet de vis !

Dans ce cadre, l'existence du groupe WhatsApp "Culles-Bons plans" montre vraiment son utilité !

Rejoignez-le en écrivant à culles-initiatives@culles-les-roches.com en indiquant votre numéro de mobile.

Falleu ran pardre

 

« Ran pardre »… pas bsain d’î dire, tout l’monde î fieu !

Tot pouilleu sarvir un jo. I z’iaveu bain la Pie Medon, à peue la varse du Gencîr, mâ i z’iaveu cosûe ran ddans !

Les pattes eutaient mises dans ain-ne cabiote sous l’escailler. I attendaient l’pati que preneu ato les piaux d’lapins qu’eutaient accueurchîes d’après ain-ne poutre dvant la rmise…I étaint mises à sachî d’avoue ain-ne pognée d’peille ddans : i tendeu la piau. L’pati s’sarveu si i z’iaveu ngain,  mâ ô prévneu : « pattes, ô ô pattes !’ O lécheu ain-ne pièece empour.

 

La feurraille euteu jtée dan un coin d’la cave. I euteu bain cmeude quand i falleu rafistoler un util. Mouai-nme les kious, les poittes resservaint trente six coups ; si i falleu j’les rdressains d’avoue un martiau su l’enkieume.

La fiçalle de lieuse euteu accueurchîe à la peûrte d’l’écurie. Des coups qu’alle sarveu à attachîe la queue des véches à ieu pattes deurant l’temps que j’les tirains …

Mouain-me les boîtes de consarve avaint ain-ne vie après que les ayains euvri. J’cause mouain-me pas du papî, o bian de tout ç’ que pouyeu breûler, nan.  Tot sarveu, tot pouilleu sarvir …i falleu ranque éetre prou malin peur trouver un aut’ ûillâge.

 

Cées-là qu’sont rvenis d’la guerre savant ç’qu’un homme poue fâr d’avoue quat’ fos ran. Si i rvenaient présent, j’cra bain qu’en viant nos pouballes, i diraient : « ieu-ti peur çan qu’j’ons risqué d’pardre not’vie ? Ieu-tu peur arriver à santié ?

Il ne fallait rien perdre

 

« Rien perdre » : pas besoin de le dire, tout le monde le faisait ! Tout pouvait servir un jour. Il y avait bien a Pie Medon et puis la verse du Gencîr, mais il n'y avait pratiquement rien dedans. Les chiffons étaient mis dans une petite cabane sous l'escalier ; ils attendaient le « pattier» (chiffonnier) qui prenait également les peaux de lapin qui étaient accrochées à une poutre devant la remise. Elles étaient mises à sécher avec une poignée de paille à l'intérieur ; ça tendait la peau. Le chiffonnier se servait s'il n'y avait personne, mais il prévenait « pattes, ô pattes ! » ; il laissait une pièce pour cela.

 

La ferraille était également dans un coin de la cave. C'était bien commode quand il fallait rafistoler un outil : même les clous, les pointes, resservaient 36 fois s'il le fallait. Nous les redressions avec un marteau sur l'enclume.

La ficelle de lieuse était accrochée à la porte de l'écurie ; parfois elle servait à attacher la queue des vaches à leurs pattes pendant le temps où nous les trayions.

Même les boîtes de conserve avaient une vie après usage. Je ne parle même pas du papier ou bien de tout ce qui peut brûler, non.  Tout servait, tout pouvait servir. Il fallait seulement être assez intelligent pour trouver un autre usage.

 

Ceux qui sont revenus de la guerre savent ce qu'un homme peut faire avec 4 fois rien S’ils revenaient actuellement, je crois bien qu'en voyant nos poubelles ils diraient : «  est-ce vraiment pour ça que nous avons risqué de perdre notre vie ? … et pour en arriver là ? »


Souvenirs...

Ce texte a inspiré des souvenirs à Camille qui adore notre village et dont le grand-père était de Saint-Martin-du-Tartre

 

"Je reconnais dans le texte en patois ce que j’ai vécu dans ma petite enfance à Marmagne ; le Pépère accumulait tout sous le double toit de la cabane à lapins entre autres ; « ça pouvait resservir » et ça resservait : je revois les boites de conserves utilisées comme abreuvoir pour les poules. Les lapins, eux, avaient les boites de pilchards.

Chez nous le pati était appelé le ”peaux d’lapins". Si nous étions infernaux, on nous menaçait de nous donner au “peaux d’lapins“ dont nous avions une peur bleue. Peaux de lapins, de biques, faisaient des manteaux ; les renards ornaient les cols de manteaux. Nous étions fascinés par les yeux en verre de celui de notre maman !

Je revois le Pépère réparer les chaussures : il mettait entre ses lèvres les clous ou pointes qu’il allait utiliser ; un miracle qu’il n’en ait jamais avalé !

Quant aux vêtements, c’était le règne des pièces : aux genoux, aux coudes, et des reprises ; pas de marques, à part peut-être “Petit bateau “pour les sous-vêtements ; on avait une boite à boutons que la grand’mère nous faisait classer et enfiler par couleur ; notre jeu favori était de mettre un bouton à 2 trous sur une ficelle fermée ; en tirant sur les extrémités, il tournait en sifflant.

La grand’mère recyclait ses « d’ventires » : elle en faisait des sacs pour aller aux noisettes ; le Pépère avait une réserve de crocs pour tirer les branches .

Il faudrait aussi rendre hommage au catalogue de la Manu et à l’almanach Vermot qui constituaient une lecture inépuisable et parfois les seuls livres de la maison. La grand’mère avait été abonnée à “La Veillée des chaumières” par ses enfants ; pendant longtemps nous avons cru que le Pépère ne savait pas lire et qu’il regardait juste les images .... A sa mort, il y avait 42 almanachs dans le cagibi !"


Bienvenue à Culles-les-Roches (suite)

Après ceux de Sylvie Lafoy et des familles Marcola et Bagley, voici trois présentations de nouveaux habitants de Culles, textes arrivés après la publication de décembre (voir édition précédente).

 

Anne-Sophie Lelièvre et Fabien Viprey

Anne-Sophie a grandi au bord de la mer en Normandie, Fabien a grandi à la montagne dans le Doubs, et les deux sont très heureux d'être maintenant culloise et cullois.

Après une vie parisienne trépidante pour les études et le début de la vie active, ils apprécient désormais les nombreux charmes de la campagne bourguignonne. Fabien a étudié à l'ENS Cachan, où il est devenu docteur en génie mécanique. C'est son poste de maître de conférences aux Arts et Métiers de Cluny qui l'a conduit jusqu'en Saône-et-Loire en 2017.

Anne-Sophie, pour sa part, a étudié à l'ISIT, où elle a obtenu son master en traduction et communication interculturelle. Après avoir vécu à Paris, Ottawa ou encore Hambourg, c'est finalement en Saône-et-Loire qu'elle a choisi de s'installer pour rejoindre Fabien. Elle est maintenant responsable communication et marketing pour le bureau d'études Appore à Montceau-les-Mines et poursuit sa passion - le piano - au conservatoire de Chalon-sur Saône.

"Nous avons été touchés par l'accueil chaleureux des Cullois et des Culloises, malgré la Covid-19, et avons découvert avec plaisir le dynamisme et l'esprit d'entraide qui règne à Culles-les-Roches. Nous sommes très heureux d'être installés dans ce beau village et avons hâte de participer aux prochains événements organisés."

 

Catherine et Jean-Louis Fau

Jean-Louis et moi sommes nés tous les deux en région Auvergne, mais lui est vraiment auvergnat et moi bourbonnaise…Nous sommes installés sur Lyon depuis 1987. Jean-Louis est un ancien de Kodak (au service commercial) et il continue à parcourir les routes de Saône-et-Loire même si ses clients ne sont plus les photographes mais les buralistes. Il a gardé sa passion pour la photo en animant un cours à la MJC de Bron depuis…31 ans. Moi je suis prof de français depuis aussi longtemps, et depuis 25 ans au lycée agricole de Cibeins (près de Villefranche sur Saône)…dont le hasard me fait régulièrement croiser d’anciens élèves de la Saône-et-Loire toute proche. Je pratique dessin et peinture. Nous adorons visiter monuments et musées et Jean-Louis a un faible pour les friches industrielles. Nous avons deux grands enfants, dont l’un à Cluny qui vient de terminer ses études de photographe et l’autre qui travaille comme régisseuse lumière dans un théâtre parisien. Quand nous sommes arrivés pour la première fois à Culles, nous avons autant craqué pour la maison que nous avons achetée dans le bas du village que pour le village lui même, son dynamisme (nous avons tout de suite été sur les pages internet de Culles-Initiatives et vu que ce village avait vraiment quelque chose de spécial), et depuis que nous sommes installés (même si le confinement nous tient éloignés depuis un moment) nous avons été épatés par la qualité de l’accueil et des contacts que nous avons avec nos voisins, même si nous ne les connaissons pas encore tous.

 

Darouni Bandassak et Jean-Marie Kaczmaryck

Nous sommes Darouni et Jean-Marie, un couple d'enseignants avec deux enfants - Maël (7 ans) et Garance (5 ans). Si son prénom vient du Laos, Darouni, elle, est originaire de la région parisienne. Jean-Marie, lui, est né et a grandi dans le Gers mais ses parents sont bourguignons. Nous avons emménagé à Culles en octobre 2019.

Le 1er mai 2019, nous étions venus à Culles, cueillir du muguet, sans imaginer que cinq mois plus tard nous y poserions nos valises. Retour aux sources car l'arrière grand-père de Jean-Marie a vécu route de la forêt.

Nous aimons les jeux de société, les activités en plein air (surtout le disc golf) et la gastronomie !   

L'année scolaire 2019-2020 fut assez compliquée car Darouni enseignait toujours en région parisienne. Jean-Marie, papa-solo du dimanche soir au jeudi soir, jonglait entre le travail, les enfants et la maison. On a tenu bon.

2020 arrive... Quelle année ! Pandémie, protocoles sanitaires incohérents... Bonne nouvelle par contre, Darouni obtient sa mutation vers la Saône-et-Loire ! Le saint Graal !

Et arrive le premier confinement : l'école à la maison, les cours en visio. Nous savons faire, nous sommes prêts ! Notre famille est réunie.

Un an déjà que nous sommes Cullois. Nous avons appris assez rapidement à apprécier la vie à la campagne. Les enfants se sont rapidement fait des copains.

Nous ne remercierons jamais assez Culles et ses habitants : leur sympathie, leur générosité, et leur inventivité ! 

 


« C’était mon univers » - Suite

Bernard Veaux a profité du premier confinement pour mettre sur le papier ses souvenirs d'enfance, vers 1952 quand il avait 10 ou 11 ans.

Cette vision de la vie du village, de ses habitants, à travers les yeux d'un enfant est très intéressante et fera l'objet d'une publication.

Ce sera peut-être le premier d'une série de "FasciCulles" que nous envisageons d'éditer pour traiter de l'histoire et des spécificités de notre village.

 

Ce mois-ci nous poursuivons la publication de ce texte en avant-première.

Nous sommes toujours dans le bas du village... Après la cour d'Uxelles où se situe la maison de la famille Veaux, puis les habitations autour de "la place", le carrefour en bas du village, Bernard évoque cette fois-ci les maisons et les habitants du chemin de la Mouille et celui du Chatenay.

 

La Mouille

En nous écartant un peu nous nous aventurons dans la Mouille. D’abord une vieille dame Fernier (1) dont je n’ai pas de souvenir, puis la grosse maison Chevreaux (2), avec son écurie et sa grange en face.

C’est ici la seule fois où j’ai vu une vache attelée. Le père Chevreaux ne roulait pas sur l’or et, selon certains, il était du nombre des douze ou treize votants communistes du village.

Ses voisins étaient les Charolles (3). Michel, le père, n’avait pas la réputation d’un homme commode, mais sa femme et ses filles de 20 à 25 ans, Renée et Hélène, étaient bien aimables.

Ils avaient une petite exploitation agricole, avec un cheval et 2 ou 3 vaches. Derrière chez eux la maison Derain (4) restait résolument fermée.

Enfin c’était les Gueugneau (5), Claude et Jeanne. Après des années de travail du côté du Creusot, Claude s’était installé dans la maison de la Jeanne Pépin, et ils vivaient chichement. Accablé de rhumatismes, Claude allait et venait, le corps complètement à angle droit…

A la maison, sa spécialité était la confection de paniers en osier. Quant à la Jeanne elle élevait deux ou trois chèvres qu’elle menait en champ du côté de la gare, avec la Jeanne Bochot.

 Haute comme trois pommes, elle était pleine d’énergie et poussait des exclamations sonores. Elle racontait elle-même qu’ayant présenté son mari au médecin, elle avait déclaré « Voici l’homme ! ». Des mots qu’elle avait peut-être entendu à l’église (Ecce homo), un jour des Rameaux, depuis sa petite chaise perdue au milieu des bancs…

J’ai oublié la maison qui domine la route (6)… D’abord inoccupée, elle avait été achetée par M. Mullot, le fromager. Vers la fin de mon enfance, il y installa un de ses ouvriers, M. Monnot, avec sa très nombreuse famille. Il faut alors imaginer la maison sans les murs de soutènement du jardin, directement sur le « cran », avec une bonne grimpette ravinée pour accéder à la maison (éventuellement en étant chargé de seaux d’eau… puisque tout le quartier allait s’approvisionner à la pompe).

 

Du côté du Clos

Le quartier du Clos, de l’autre côté du Mardéchon était surtout habité par la famille Ogoyard, habituellement appelée « goyâ »… Mais le personnage central était la Jeanne Bochot (veuve de Ogoyard, mais presque toujours appelée par son nom de jeune fille). Elle vivait à l’arrière du bâtiment (7), près d’un ancien four à pain que j’ai vu fonctionner une fois pour une fête. Elle vivait chichement de quelques terrains, et de l’élevage de 5 ou 6 cabres qu’elle menait régulièrement « en champ » vers la gare, en compagnie de la Jeanne Gueugneau. Toutes les deux profitaient de ce temps calme pour tricoter des chaussettes à quatre aiguilles. En tout et pour tout, pour ses transports, elle n’avait qu’une petite charrette en bois. Son fils Henri s’était marié depuis peu avec une fille de Montchanin ; ils habitaient sur la galerie, au sud (8). Les faibles moyens dont elle disposait et le peu de terres ne leur ont pas permis de rester au pays. Un jour ils sont partis pour Volnay, en Côte d’or, où Henri a gagné sa vie comme vigneron salarié.

De cette famille, je garde le souvenir, plus lointain, du père Bochot, Félix. Très âgé, il se reposait souvent à l’angle du jardin, à côté du pont sur le Mardéchon ; et cela lui donnait l’occasion de petites conversations avec les passants. Un peu rustre, mais de bon cœur, il avait ainsi appris que mon père fréquentait une fille de Saint-Gengoux. Après l’avoir vue, il avait accueilli sympathiquement la nouvelle venue au village bien qu’il ait été un peu surpris au début, parce que - disait-il - « Elle se fout du rouge sur la gueule ! ». Ma mère n’a jamais abusé de cosmétiques mais la mode incitait les filles de la ville (ce qu’était Saint-Gengoux par rapport à Culles) d’user d’un peu de rouge à lèvres !

De l'autre côté de la rue vivaient les Montillot (9). Leur fille Suzanne avec quitté le nid. Ils restaient tous les deux, Marius et Henriette. C’est elle qui avait les racines culloises. Elle était la sœur de Michel Charolles. Maurice était originaire de Buxy. Cela ne l'empêchait pas d'être bien intégré au pays. Petit vigneron avec deux vaches, il avait même été élu maire après la guerre. Bon voisin, il avait la gentillesse d'inviter notre famille à regarder chez eux la télévision pour « La piste aux étoiles » et « 5 colonnes à la une ». Nous ne manquions jamais ces rendez-vous, surtout en hiver. Mais notre souvenir commun était le carillon qui prenait le temps d’égrener sa mélodie aux moments stratégiques où nous aurions bien aimé ne manquer aucune parole. Et par comble de malheur, le carillon prenait plaisir à recommencer deux minutes plus tard… et tout le monde guettait la reprise !

Henriette était petite et frêle. De sa tenue des jours de fête, nous retenions les sabots vernis à la courroie peinte et son chapeau orné de cerises ou autres fruits factices.

Ils avaient des vignes dans les Peurnayaux (Près Noyaux) plus loin que le moulin, le long du bois… et  un petit pré bien délimité de bouchures, au Fonteloup, au bas du Pré d’Etelle.

Au bas du chemin, la maison Réty (10) était un peu mystérieuse pour nous. Monsieur et Madame Réty venaient rarement ici avant leur retraite. Enfin la dernière maison, qui ne correspondait qu'à un tiers de l'actuelle maison Beauné (11), était habitée par les Boucansaud, « Fils » (je ne l'ai jamais entendu appelé autrement), et Victoria, avec leurs petite chienne Follette. Avant de venir le jour de la retraite, Fils avait été, je crois, dans les chemins de fer ; leur maison était alors louée de temps en temps à des vacanciers. Je me souviens notamment d'un couple qui n'avait pas la pudeur habituelle des Cullois et sortaient volontiers en tenue légère. Choqué, mon grand-père les avait nommés « les culs nus » ce que, enfants, nous avons bien sûr retenu.

Profitant de l'expertise du mari qui était kinésithérapeute, mon père lui avait demandé de m’apprendre quelques gestes ou positions pour éviter la scoliose. Je me revois encore chez leur ami Fouilloux, alors postier à Culles, en train de m'exercer en tenant un manche à balai, faute d'autres instruments de rééducation sous la main.

Voilà le cœur de mon quartier, notre horizon habituel.

[ à suivre...]

(1) Aujourd'hui Bandassak-Kaczmaryck  (2) Maison Jan  (3) Matthieu Commun  (4) M. et Mme Charles  (5) M. Pépin

(6) Famille Lombourg  (7) Fabien Palisse  (8) Propriété Morel-Lambert  (9) M. Mme Laugerette  (10) Mr Mrs Lawson (11) Maison Beauné


C'était avant...

 Parmi les photos anciennes que nous avons reçues, ces deux clichés intéressants de Joseph Veaux dans la cour de la belle maison à l'entrée est du village.


Photos du mois 

Andrée Karpoff commente ses 4 photos : "Dans cette atmosphère si particulière, les chardonnerets élégants apprécient la décoration de Noël.

La mésange charbonnière choisit le même décor... et se maquille !!!"


 

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