Edition octobre 2020 - n°72                                                                                                                         Prochaine édition début novembre 2020


"Juste sous nos yeux"

L'automne s'installe... et l'épidémie Covid-19 est toujours là. Avec les contraintes sanitaires, le port du masque, les gestes barrières, l'oubli des bises et des poignées de main, la peur de la maladie pour certains. Et l'impossibilité de prévoir des animations collectives car on a bien du mal à se projeter à quelques mois alors que la tension monte avec l'augmentation du nombre d'hospitalisations.

Bien sûr, ce n'est pas la peine d'imaginer un voyage à l'étranger... de rêver à la découverte des cités princières de "l'anneau d'or" en Russie ou d'une escapade en Europe. Evidemment, il reste (encore) la France et ses multiples destinations touristiques.

 

Mais, encore plus près, il y a notre village et ses multiples richesses. Alors, ouvrons les yeux, prenons le temps, et surtout faisons preuve de curiosité car il y a tant de choses à découvrir autour de nous, sans même prendre la voiture.


Au sommaire de cette édition :

  • C'était la rentrée
  • CA en plein air pour Culles-Initiatives
  • Merci pour la "Cagnotte de Dominique"
  • Nettoyage d'automne

 

  • Décès - Naissance
  • Travaux à la lagune
  • Rejoignez le groupe "Sentiers"
  • Bzzz bzzz bzzz les abeilles

 

  • Visite d'archéologues
  • Hast du Feuersteinpfeile?* 
  • "C'était mon univers"
  • Photos du mois


A vos masques ! Prêts ? C’était la rentrée…

... pour nos quatre tout petits qui font leurs premiers pas en maternelle : Luna qui ne quitte pas sa sucette, Loona et ses deux petites couettes, Aloïs et Roméo. Pour Lisa, Héloïse, Salomé, Zac et Louis qui entrent dans le monde des grands avec la 6ème et le collège. Et pour tous les autres qui vont retrouver avec plaisir les copains dont ils ont été séparés durant des mois, mais qui appréhendent un peu cette nouvelle organisation avec les masques au collège et le protocole sanitaire de rigueur quel que soit l’âge.

2020 restera encore une rentrée importante pour le village puisqu’il envoie 24 de ses enfants dans les établissements de Saint-Gengoux : 6 en maternelle, 8 en primaire et 11 au collège. Si on ajoute les 5 enfants scolarisés dans les établissements extérieurs, les 10 lycéens, les 13 étudiants, et ceux déjà dans la vie active, la commune peut être fière de sa jeunesse et de sa soixantaine de jeunes de moins de 25 ans.

Et comme il n’y pas de scolarité sans examen, profitons-en pour féliciter : Lucie Julien et Pierre Broux pour le brevet des collèges, Astrid Barba, Adèle Colin, Cyriac Merle et Volia Palisse pour le bac, ainsi que Noémie Prudon pour qui le Master 2 est un précieux sésame pour la vie active.

Monique Desmartes


C.A. en plein air...

Coronavirus oblige, c'est à l'aire de loisirs que s'est tenu le dernier Conseil d'Administration de Culles-Initiatives d'autant qu'un moment convivial et gourmand était prévu.

En effet, les amis de Dominique Gressard venus à Culles (voir édition précédente) avaient laissé à notre attention un panier de spécialités de leurs régions respectives (Ardèche, Doubs, Haute Garonne, Somme, Tarn-et-Garonne).  Foie gras, charcuteries, fromages et douceurs diverses... ont été fort appréciés !

Cette réunion élargie a été l'occasion de lister les différents chantiers en cours et les projets qui commencent à se mettre en place avec les points d'interrogations inévitables liés à la pandémie covid-19...

Si terminer la rénovation de la Maison des Initiatives constitue un enjeu important, un rendez-vous a été pris pour le samedi suivant afin de procéder à une "corvée" à l'aire de loisirs pour préparer l'hivernage.


Merci pour la "Cagnotte de Dominique" !

Non seulement les amis de Dominique et Ninette ont laissé ce panier gourmand, mais pour soutenir le projet de "Maison des Initiatives" qu'ils ont trouvé très pertinent, ils se sont cotisés pour participer au projet à leur façon en faisant un versement de soutien .

C'est la somme de 250 € (!) qu'ils ont réunie dans ce qu'ils ont appelé la "Cagnotte de Dominique" car ils savaient qu'il aurait encouragé et approuvé ce geste de soutien.
Alors un grand merci pour tout à :

Véronique et Jean Marie - Florence et Jean Pierre - Geneviève et Gilles
Sabine et Dominique - Isabelle et Jean Claude - et, bien sûr, Ninette.


Nettoyage d'automne

Samedi 12 septembre, quelques membres de Culles-Initiatives (Monique D., Maryse, Janine G. Claudine, Odile, Amaury, Fabien, Didier et Bertrand) ont procédé à une opération d'entretien de l'aire de loisirs.

 

Fait :

þ Démonter douche

þ Désherber l'entourage de la mosaïque Saint-Vincent et la nettoyer

þ Découper tronc abattu et ramasser les branches mortes

þ Démonter l’ancien ponton de l'étang

þ Evacuer l’ancien grillage et autres objets vers déchetterie

þ Démonter pavés auto-bloquants derrière l'abri

þ Reboucher les regards devenus inutiles

þ Poser les grilles métalliques devant l'entrée de la guinguette

 

A faire :

o Nettoyer les bords de l’étang

o Poser pavés-autobloquants sur cheminement vers guinguette

o Mettre non-tissé sur bardage guinguette

o Faire le joint du carrelage sur nouveau plan de travail

o Organiser conteneur (support à fixer)

o Brosser et peindre conteneur

o Pose du grillage démonté et porte côté étang

 

Depuis, la bâche du chapiteau inter-assos a été rangée et le regard du fossé le long de la route dégagé grâce à Jacky Lethimonnier et sa pelleteuse. Merci à lui pour cette intervention bénévole et efficace !

 

A la lecture des tâches restantes, on voit qu'il reste de quoi s'occuper quelques heures...

Si vous avez envie d'y participer à un moment qui vous arrange (et quand le soleil sera revenu...), n'hésitez pas à nous envoyer un mail !



Décès

Nous avons appris le décès, le 23 septembre 2020, de Jeannine PIOT (née PERNIN).

Elle a été inhumée, dans l'intimité familiale, au cimetière de Culles auprès de son mari Bernard Piot (ancien maire de 1991 à 1996) et de son fils Elie.

Nous adressons nos condoléances aux familles Piot et Pernin.

Naissance

Un bébé de plus à Culles-les-Roches !

Bienvenue à Solal, né le 29 septembre 2020, pour le bonheur de ses parents Solène Jabœuf et Guillaume Gillet et de son frère ainé Roméo.



Travaux à la lagune

Notre lagune est moins romantique que celle de Venise... mais indispensable pour traiter les effluents de nos égouts. Les promeneurs ont pu remarquer un récent changement avec l'enrochement des berges. Ninette Gressard est allée interroger les ouvriers sur le chantier.

La lagune vue du ciel - Cliquer sur ►pour lancer la vidéo

Dernièrement au rayon "chantiers dans le village" : l'aménagement de la lagune pour lutter contre le ragondin inopportun ! L'animal dégrade les berges des milieux aquatiques en creusant des terriers complétés d'un système de galeries qui entraîne l'instabilité des ouvrages.

Pour colmater la digue de la lagune et bouter le rongeur hors de l'endroit environ 200 tonnes de pierres de Montagny ont été nécessaires. Les gros blocs ont été déposés avec délicatesse et précision "afin d'assurer aussi l'esthétique de l'ensemble" signale avec plaisir un responsable du chantier. L'entreprise SNTPAM d'Etang-sur-Arroux qui a réalisé les travaux, était déjà intervenue pour la végétalisation du plan d'eau.

Ninette Gressard



Groupe "Sentiers"

L'année dernière nous avions proposé la création d'un groupe s'intéressant à la remise en état des sentiers qui parcourent le pays et permettent d'élargir les possibilités de balades. Notre association en avait fléché il y a bien longtemps mais il conviendrait d'en reprendre l'entretien.

Il s'agit surtout de se coordonner pour travailler à son rythme et selon son emploi du temps sur un tracé en particulier pour ne pas se disperser.

Bien entendu, le groupe proposera régulièrement une balade permettant à tout un chacun de découvrir ces nouveaux tracés.

Nous allions commencer quand le coronavirus est arrivé... et cela a coupé un peu notre élan d'autant que pendant le confinement on était... confinés !

Mais les choses repartent, bien sûr avec les précautions qui sont devenues habituelles.
Si vous voulez participer à nos activités, envoyez un mail à culles-initiatives@culles-les-roches.com

 

Un premier sentier qui longe l'ancien tracé du funiculaire de carrières a commencé à être dégagé. Il permet de rejoindre le sommet d'une coupe de bois qui offre maintenant une vue magnifique. Le roncier une fois dégagé laisse apparaitre une "culliosité" de plus : les piliers qui abritaient le mécanisme du funiculaire avant la traversée de la route et le déchargement des bennes.


Bzzz, bzzz, bzzz, les abeilles... 

Grâce aux groupes cullois sur les réseaux sociaux (Groupus-Culles sur Facebook et Culles-Bons-Plans sur WhatsApp) on peut partager des bons, plans, infos, coup de mains, etc...

C'est ainsi que Serge et Eliane Maillé ont pu nous informer qu'ils avaient du miel à vendre issu de leur rucher de Sucy-en-Brie. Les amateurs se sont retrouvés dans leur cour (ancienne maison Bellem).

 

"Merci beaucoup pour ceux qui se sont déplacés, pour l'enthousiasme que vous avez exprimé autour des miels de nos abeilles.

D'aucuns l'ont trouvé su-culles-ant !  ;-)

Nous avons gardé un stock à Culles pour les gourmets-gourmands habitués et ceux qui nous solliciteront plus tard (nous serons de retour le 12 octobre)."

Serge et Eliane


Visites d'archéologues

Notre publication de la brochure de Francis Gabut sur l'archéologie à Culles-les-Roches (voir éditions précédentes), et les contacts que nous avons pris pour avoir l'avis de spécialistes, a été l'occasion d'une visite d'Yves Pautrat, Conservateur en chef du patrimoine à la DRAC Bourgogne-Franche-Comté. Intéressé par ce qu'il a pu découvrir "sur le terrain" il nous a fait parvenir un article que nous intégrerons dans la prochaine édition de notre Bulletin annuel. En attendant, nous publions ci-dessous une petite partie du texte original de Gabut et les commentaires qu'Yves Pautrat a rédigé à propos de cet extrait concernant l'enceinte de rebord de plateau dont il reste des vestiges au sud-est de la chaume.

« Au-dessus du village de Culles et à l’est, se trouve la contrée dite de la Roche. C’est une vaste chaume, une bande inculte et pierreuse. On y accède par une grande voie publique et aussi par un sentier raboteux, non loin de l’église, borduré de murs et de murgers.

Bientôt on arrive dans la lande et, après avoir dépassé les haldes de la grande carrière de pierre actuellement en exploitation, on se trouve en présence de terres closes, rudimentairement bornées par des murgers plats et souvent peu saillants et d’un long, large et épais bourrelet de pierres qui se prolonge dans la direction est et sud de ces terres closes.

Les murgers qui bornent les terres closes et aussi le bourrelet ont subi des ravages. Les pierres et pierrailles dont ils étaient formés ont, sur divers points, et à diverses époques, été exploités et enlevés pour être utilisés à des besoins quelconques de remblais. Les murgers des terres closes notamment n’ont plus le relief qu’ils avaient autrefois.

Dans la localité, on croit que ces ouvrages sont les vestiges d’un temple, ou tout au moins d’un camp de l’époque gallo-romaine.

En prolongement du sentier à pente rapide dont nous venons de parler, on trouve d’abord une sorte d’allée de 25 mètres de longueur, dirigée de l’ouest à l’est entre deux murgers plats. Au sud de l’allée, une terre close carrée de 18 mètres sur toutes ses faces. Dans l’angle sud-est de cette terre se trouve un petit réduit aligné de l’ouest à l’est sur 10 mètres de longueur et 3 mètres de largeur ; son entrée est à l’ouest.

A la suite de la première allée vient une sorte d’esplanade peu accentuée d’une longueur de 50 mètres en direction ouest-est. Au-dessus et au sud vient une terre close de 50 mètres de l’ouest à est et 18 mètres du sud au nord.

La grande esplanade a une large entrée à l’est et une moins grande à l’ouest.

Au sortir de la grande esplanade on trouve dans une autre terre close, un bourrelet de pierres, long de 200 mètres, large de 10 à 15 mètres et 0 m 60, 1 mètre et même 2 mètres de hauteur, part du sud-est de cette terre close et se dirige d’abord à l’est, puis par un arc de cercle au sud puis vient périr sur la corniche de la bande visant le sud. Avant d’arriver à la corniche, sur le point le plus élevé du bourrelet, se trouve un renflement ou mamelon. C’est un tumulus peu saillant dont la terre est noirâtre et incinérée.

Une coupure très accentuée, soit une porte ou une entrée, partage transversalement le bourrelet vers son milieu. La portion de ce bourrelet, à partir de la coupure, se continue à l’ouest en ligne directe et sert de limite aux premières terres closes dont nous avons parlé.

Au nord-ouest des premières terres closes, sur la pente, se trouvent d’autres murgers peu accentués, qui forment rudimentairement d’autres terres closes. »

 

Commentaire d'Yves Pautrat :

On regrette l’absence d’un plan ou d’un croquis, qui permettrait une bien meilleure visualisation de ces descriptions. Ce que décrit F. Gabut est un parcellaire agricole ancien (avec ses chemins ou accès), limité par des accumulations de pierres linéaires (murgers, meurgers ou murées), issues de l’épierrement des champs ou pâtures. Ce dispositif se retrouve sur l’ensemble des plateaux calcaires de Bourgogne, arasé dans les zones labourées actuelles et mieux conservé sous couvert forestier ou dans les friches. Sur place, on retrouve assez facilement les vestiges décrits par Gabut, ténus mais encore relativement bien conservés. Le « bourrelet » qu’il décrit est encore bien marqué dans le paysage et possède des caractéristiques intéressantes : largeur importante, d’une dizaine de mètres, et hauteur conservée bien plus importante que les autres murées (jusqu’à 1 m de hauteur, voire plus). Son profil est aplati, étalé, et, s’il apparaît clairement pierreux, sa masse comporte également de la terre et du cailloutis gélifracté, tassé, indice d’une réelle ancienneté. Son tracé peut être suivi facilement au sol, ainsi que sur certaines photographies aériennes. A mon sens, ce grand bourrelet a toutes les caractéristiques du rempart d’une enceinte de rebord de plateau, jusque-là complètement inédite, d’un type proche de celle, bien connue, de la Montagne du Tartre voisine. Les datations de ces enceintes vont du Néolithique au Moyen Âge et la fonction peut être tout aussi bien défensive que pastorale. Le sol des enclos, agricoles ou pastoraux, est assez fortement incliné de l’est vers l’ouest ; ce détail, ainsi que leur surface, permettent d’exclure l’hypothèse de bâtiments (temple). Il est étonnant que Gabut, qui rejette la tradition locale avec son temple, n’ait pas pensé à cette explication purement agricole. En effet, l’épierrement qui, partout sur les plateaux calcaires, a contribué à créer ces paysages de meurgers, s’est poursuivi à certains endroits jusqu’au début du XX° siècle, jusqu’au phylloxera dans les zones viticoles.

Yves Pautrat                                                                   

Conservateur en chef du patrimoine - DRAC Bourgogne-Franche-Comté

Texte de la fiche rédigée par Y. Pautrat

« Immédiatement au nord du village, une ancienne carrière de calcaire et ses tas de déblais (aujourd’hui site d’escalade) a fait disparaître l’extrémité sud-ouest d’un grand bourrelet qui matérialise, à mon sens, une enceinte de rebord de plateau. A partir du sud-ouest, on trouve d’abord un enclos approximativement carré, délimité par une petite murée basse (pas plus de 0,40 m de hauteur) et large de 1 à 2 m. Dans l’angle est de cet enclos, on distingue une partition interne imprécise (bâtiment ? bergerie ?). A ce premier enclos succède un deuxième enclos rectangulaire allongé (correspondant  à « l’esplanade peu accentuée » décrite par Gabut), limité par le même type de murée, discrète et aujourd’hui recouverte d’herbe et de buissons. Le sol de ces enclos est assez fortement incliné de l’est vers l’ouest (nous sommes dans une pente), ce qui permet d’exclure l’hypothèse de bâtiments ou de constructions de grande taille. A partir de cet enclos rectangulaire se développe le « grand et long bourrelet » décrit par Gabut, interrompu par le passage de chemins modernes. Ce bourrelet n’a pas du tout l’aspect d’un meurger d’épierrement, formé par l’accumulation de pierres en vrac. Il présente une largeur importante, d’une dizaine de mètres, et une hauteur conservée bien plus importante que les autres murées (jusqu’à 1 m de hauteur, voire plus). Son profil est aplati, étalé, et, s’il apparaît clairement pierreux, sa masse comporte également de la terre et du cailloutis gélifracté, tassé, indice d’une réelle ancienneté. Ce bourrelet est lui aussi largement dissimulé sous l’herbe et les buissons. A son extrémité est, il est coupé brutalement par le passage d’un chemin moderne. Je n’ai pas vu, dans cette zone, de « renflement ou mamelon », probablement dissimulé par la végétation ou arasé avec l’extrémité du bourrelet. Au-delà de ce gros bourrelet, vers le nord et vers l’ouest, on trouve les traces résiduelles des enclos parcellaires bien plus visibles sur la photographie aérienne IGN de 1953, réduits aujourd’hui à l’état de petits tertres allongés caillouteux alignés. L’installation d’un terrain de football en a fait disparaître une partie.

Les structures vues et décrites par Gabut à la fin du XIX° siècle sont encore relativement bien conservées et sa description est assez fidèle et précise (si l’on excepte les orientations indiquées, plutôt aléatoires voire erronées). Il manque juste un croquis. Les morceaux de tuf blanc qu’il évoque pourraient-ils appartenir à un « noyau de chaux » de rempart tel qu’on en connaît ailleurs ?

Le grand bourrelet a toutes les caractéristiques d’un rempart ou d’une limite d’enceinte de rebord de plateau, dont la partie ouest aurait été détruite, ses matériaux utilisés par les enclos quadrangulaires (pastoraux ?) ou détruits par la carrière. Seule une fouille, ou la rectification de la coupe de l’extrémité est, permettrait peut-être d’obtenir des éléments de datation à l’appui de cette hypothèse. Il conviendrait également de comparer les caractéristiques de ce bourrelet avec celles des enceintes de rebord de plateau les plus proches, comme celle de la Montagne du Tartre. »

 

Il est important de noter qu’il semble y avoir deux états successifs : une enceinte de rebord pré-ou protohistorique (le gros bourrelet), reprise et remaniée par la suite (Moyen-âge ou après ?) par les enclos probablement pastoraux.


Hast du Feuersteinpfeile?* 

A la suite de cette première visite, nous avons eu celle du professeur Harald Floss de l'Université de Tübingen, en Allemagne. Depuis 20 ans, il dirige des fouilles archéologiques en Bourgogne et l'un de ses doctorants s'intéressant à la grotte de Culles, il souhaitait venir sur le terrain.
C'est ainsi que, sans que ce soit prévu, nous avons eu droit à un exposé passionnant sur le contenu de la vitrine de la collection Machuron que l'on peut voir à la mairie. L'occasion pour lui de corriger quelques erreurs faites sur les étiquettes et commenter les pointes de flèches, grattoirs et autres percuteurs préhistoriques et expliquer leur fabrication et leurs usages.

Après la visite jusqu'au fond de la grotte ("un emplacement vraiment exceptionnel" ! juge-t-il) il a examiné la collection de silex trouvés par Bernard Veaux et son père dans les vignes pour trier les éléments les plus intéressants.

Si les vitrines du Musée Denon et ses réserves conservent de nombreux objets (pointes de flèches, bifaces, etc.) trouvées dans la grotte de Culles, l'essentiel a disparu dans l'incendie d'un imprimeur chalonnais, M. Landa, qui avait fouillé la grotte.
Aussi est-il important de pouvoir connaitre et expertiser les objets qui peuvent encore demeurer chez les uns ou les autres.

Nous avons invité le professeur Harald Floss à revenir pour partager ses connaissances avec les habitants lors d'une réunion publique et expliquer ses recherches.
D'ici là, si vous avez chez vous une boite avec des silex trouvés à Culles... faites vous connaitre en nous envoyant un mail !

*Avez-vous des flèches en silex ? C'est en allemand, juste pour attirer votre attention !


« C’était mon univers »

Bernard Veaux a profité du confinement pour mettre sur le papier ses souvenirs d'enfance, vers 1952 quand il avait 10 ou 11 ans.

Cette vision de la vie du village, de ses habitants, à travers les yeux d'un enfant est très intéressante et fera l'objet d'une publication.

Mais en attendant, nous avons décidé de publier ce texte en avant-première sur le site, en plusieurs fois, pour découvrir progressivement les différents quartiers du village, en commençant par le bas puisque c'est là que se situait la maison familiale.

 

Photographie : Monique, Odile et Bernard Veaux

I. La cour d'Uxelles (rond rouge  sur la photo aérienne)

 

Notre maison avait un inconvénient. Bien qu’à la campagne, elle donnait directement sur la route. Avec le temps, j’ai fini par reconnaitre que c’était un gros avantage : dès le pas de la porte, vous êtes plongé dans la vie du village. D’autant plus que nous étions situés à un carrefour… et que les piétons étaient plus nombreux que les voitures.

 

Il suffisait de traverser la rue pour se retrouver « sur le meurot » des grands-parents paternels [1] , sous la verrière installée quelques années plus tôt par mon père. Là, en été, on disposait d’un petit réchaud à charbon de bois sur lequel la grand-mère nous faisait notamment de bonnes gaufres, avec toujours un « carreau » pour la Dora, notre chienne, fort présente en ces moments gastronomiques.

 

Au fond de la cour, nous avons vu défiler trois familles en peu de temps : les Pépin, avec la grand-mère Dubois, appelée familièrement «mémé oh» parce qu’un peu sourde, elle lançait fréquemment un « oh ! » pour faire répéter. Il y avait aussi les deux grands jeunes, Pierre [2] et Madeleine. Profitant de l’opportunité d’une maison près de la poste, ils sont remplacés quelques années par les Loudenot [3] qui avaient alors un petit garçon, Gérard. Le père travaillait la plâtrière du « Bouzu ». Un de mes souvenirs avec eux reste la visite que leur fit un jour la famille nombreuse des Gobillot, des cousins de Marquette-lez-Lille. Toute cette ribambelle d’enfants (logés je me demande bien où, puisque cette maison ne comportait que deux pièces), cela nous a surpris et nous a procuré quelques jours de belles animations.

Venant de « la ville » et bien que fort modestes, ils avaient accès à des objets inconnus à Culles. Par exemple une image de singe à vélo… et un « Père la colique ». Ce dernier était une figurine en porcelaine en position accroupie. On bourrait son généreux anus d’une espèce de suppositoire. Après y avoir porté la flamme d’un briquet, voilà que le Père la colique n’en finissait plus de faire ! Le plus drôle de l’histoire c’est que ces gadgets merveilleux ont par la suite intégré la crèche de Noël, sur le coin du buffet.

 

Quand la famille Loudenot a pu disposer d’une maison de famille dans le haut de Culles , nous nous demandions avec inquiétude qui viendrait les remplacer. Notre cour était commune et mieux valait avoir de bons voisins ! 

Et c’est ce qui est arrivé avec le jeune couple Prudon.

Albert était d’Etiveau et avait épousé Madeleine Godin, une fille de Culles. Ils avaient malheureusement perdu une petite Janine, mais une autre Janine est bientôt venue.

Mes parents avaient une quarantaine d’années et nous étions trois enfants « en primaire ». La vie dans la cour a changé un peu parce que nous avions maintenant sous les yeux la vie d’une famille de vignerons-cultivateurs, avec la jument Laurette, une force de travail. C’était nouveau pour nous, mon père ne faisant qu’emprunter un cheval de temps en temps avant d’acheter un tracteur Ford-Ferguson en 1946...

[ à suivre ] 

[1] Aujourd'hui maison d'Odile Veaux et Daniel Clément

[2] Il vient toujours dans sa résidence secondaire chemin de la Mouille

[2] Parents de Joelle Szyndralewiez


Photos du mois 

Merci à Janine Gressard pour cet alignement de charolaises cherchant un peu d'humidité le long du ruisseau de Nolange.
C'était avant l'arrivée des pluies. Depuis les prairies ont retrouvé une couleur moins jaunâtre !

Andrée Karpoff, pour sa part, a photographié des vaches accompagnées de héron garde-boeufs. Ces oiseaux, suivant le réchauffement climatique, sont de plus en plus présents dans nos régions alors qu'ils ne dépassaient pas auparavant un ligne Bordeaux-Lyon.

 

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